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EN BREF
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Dans le cadre du projet de loi de finances 2026, le gouvernement envisage l’instauration d’une nouvelle taxe sur les produits de la vape, allant de 30 à 50 centimes d’euros par flacon de 10 millilitres selon le taux de nicotine contenu. Cette mesure, qui se heurte à l’avis de la Commission européenne, intervient alors que le secteur du vapotage exprime des craintes face aux répercussions économiques et à la santé publique qu’elle pourrait engendrer.

Le projet de budget pour 2026 propose une nouvelle taxe sur les produits de vapotage, qui pourrait aller de 30 à 50 centimes d’euros pour chaque flacon de 10 millilitres, selon le taux de nicotine. Cette initiative a suscité une vive réaction au sein du secteur de la vape, qui se dit « sous le choc » face à une telle proposition.
Les détails de la nouvelle taxation
Le gouvernement a précisé que la taxe varierait en fonction de la teneur en nicotine des e-liquides. Pour les liquides contenant moins de 15 mg de nicotine, la taxe serait de 30 centimes, tandis que pour ceux contenant plus de 15 mg, le montant s’élèverait à 50 centimes. Cette mesure, si elle est adoptée, pourrait être mise en œuvre au cours du second semestre de 2026.
Actuellement, les flacons de e-liquides sont généralement vendus entre 5 et 7 euros en magasin, ce qui signifie que cette nouvelle taxe pourrait avoir un impact significatif sur le prix final pour les consommateurs. À titre de comparaison, la Commission européenne avait proposé une taxe encore plus élevée dans une directive future à partir de 2028.
Réactions et conséquences dans le secteur de la vape
Suite à cette annonce, le secteur de la vape a exprimé une profonde inquiétude. Selon la Fivape, organisation représentant les acteurs de la vape, cette mesure pourrait menacer jusqu’à 10.000 emplois, dont 3.000 dans la vente en ligne. Jean Moiroud, président de la fédération, a souligné que cette situation pourrait aboutir à un démantèlement du réseau de distribution indépendant, mettant ainsi en péril près de 4.000 boutiques spécialisées en France.
La Fivape a également mis en lumière que la mise en œuvre de cette taxe favoriserait la distribution par les buralistes, un canal historiquement lié à l’industrie du tabac, au détriment des boutiques spécialisées. Actuellement, environ 60% des produits de vapotage sont vendus par ces boutiques indépendantes, 25% en ligne et 15% chez les buralistes.
Un cadre fiscal en évolution
Il convient de rappeler que le marché de la vape connaît une croissance constante depuis dix ans, atteignant près de 1,5 milliard d’euros en 2023. En revanche, les ventes de tabac, quant à elles, ont connu une baisse de 8,5% en volume durant les huit premiers mois de l’année. Cela souligne l’intérêt croissant des consommateurs pour les alternatives telles que les e-cigarettes.
Les buralistes, qui voient dans cette taxe une manière de maintenir leur business face à la diminution des ventes de tabac, ont cependant exprimé leur préoccupation sur la fiscalité applicable à la vape. Ils estiment que ces nouvelles mesures pourraient mettre en danger une solution alternative viable à la cigarette traditionnelle.
Perspectives d’avenir pour la vape
Alors que ce projet de budget reste un sujet de débat au Parlement, les futurs développements seront scrutés de près tant par les professionnels que par les consommateurs. La vape pourrait se retrouver au cœur de nouvelles régulations qui pourraient modeler son avenir, notamment en matière de taxation et de distribution des produits.
Les acteurs de la vape sont appelés à se mobiliser pour défendre leur secteur et faire entendre leur voix lors des discussions parlementaires. Ce projet de loi n’est pas seulement une question de taxation ; il soulève également des enjeux de santé publique et d’accessibilité des alternatives au tabac.

